Parce que Proactive Academy prend à cœur d’accompagner l’insertion de tous les jeunes en entreprise, il était important de faire un point sur l’embauche d’apprentis en situation de handicap. Loin d’être compliquée, cette démarche se révèle riche et bénéfique sur plusieurs plans, pour le jeune mais aussi pour l’entreprise. Explications.

Un devoir professionnel et citoyen

 

Antoine Pubert fev 2016

Plus qu’une bonne action, l’emploi de personnes en situation de handicap est une obligation dans notre pays. Depuis la loi du 11 février 2005*, dans les entreprises de plus de vingt salariés, 6 % des effectifs doivent être réservés aux employés en situation de handicap (parmi les entreprises investies, Sodexo, Renault, Engie et Orange, par exemple).

 

Si cela n’est pas mis en place, elles doivent alors payer une contribution à l’Agefiph, le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées. « Mais la meilleure contribution reste l’embauche, on ne peut pas seulement s’acquitter de ses obligations », souligne Antoine Pubert, développeur du CFA Cerfal et spécialisé dans le recrutement et la prise en charge de personnes en situation de handicap, que nous avons interrogé sur le sujet.

Faire tomber les a priori

Mais pourquoi alors certaines entreprises restent frileuses ? « Les réserves des employeurs sont souvent éloignées des réalités », avance Antoine Pubert. « Il y a, avant toute chose, la crainte de rater l’adaptation de la personne en état de handicap. Il existe aussi celle que cette venue ralentisse toute l’équipe, pèse sur l’organisation générale », analyse-t-il.

 

Pourtant, ces barrières sont rapidement repoussées. « On a souvent en tête l’image du fauteuil roulant », reconnaît le spécialiste, « or, le fauteuil, c’est une toute petite part des candidats. Et en ce qui concerne les limitations à mettre en place (horaires aménagés, pauses, poste de travail adapté), elles existent oui, mais très vite est organisée une formation de sensibilisation au sein de l’entreprise. Ainsi que l’adaptation du poste de travail et des recommandations à suivre. On livre le mode d’emploi en quelques sortes, et ça, c’est rassurant ».

 

Et de rappeler que, en l’occurrence, 80 % des handicaps ne nécessitent aucune adaptation spécialisée. Et oui.

 

Des avantages financiers… et humains

 

Embaucher un jeune en situation de handicap n’est donc pas plus compliqué que pour tout autre apprenti. «  Et rappelons que cela rapporte 1500 € à l’entreprise pour chaque semestre d’apprentissage, 9000 € pour les trois ans. Sans même prendre en compte les aides à l’adaptabilité, qui s’ajoutent à cette somme. Ce n’est pas négligeable. » « De plus, un apprenti même absent le temps de ses cours (le principe de l’alternance) représente une unité à temps plein pour l’entreprise ». L’apprenti, quant à lui, reçoit 3000 € d’aide unique. De quoi être motivé.

 

Quant au bénéfice humain de la démarche, est-il encore à démontrer ? « L’équipe y gagne, car cette embauche apporte une plus-value humaine à l’entreprise. Et surtout, cela fait avancer les choses et permet de faire tomber les a priori du handicap dans la société », appuie Antoine Pubert.

 

Et concrètement, ça se passe comment ?

 

Là aussi, les démarches sont beaucoup plus simples que ce que l’on peut imaginer. Côté apprenti, il faut oser officialiser son handicap. « C’est notre difficulté aujourd’hui : informer suffisamment les jeunes concernés pour qu’ils fassent reconnaître leur handicap et devenir ainsi officiellement travailleur handicapé », précise l’expert. Mais la recherche d’entreprise ne diffère pas d’un alternant « habituel ». Côté entreprise, il suffit de remplir un dossier auprès de l’Agefiph dans les trois mois suivant l’embauche… et c’est tout. Rien de bien compliqué. Alors ? On vous retrouve bientôt sur https://www.agefiph.fr/ ?

 

*Source : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F1651

 

Réserver une place pour un apprenti en situation de handicap se révèle une vraie chance tant pour l’entreprise que pour le jeune. Voilà sans doute pourquoi plus de 2560 entreprises ont donné leur chance en 2014 à un alternant dans ce cas. De quoi démarrer dans la vie un peu plus légèrement.