Poser cette question peut surprendre tant la réponse paraît évidente. Elle l’est effectivement « en théorie » et mais elle ne correspond pas à la réalité de ce que vivent bon nombre de tuteurs. Peut-on être un bon tuteur en se sentant obligé de le faire ?

Etre volontaire pour assurer une fonction de Maître d’apprentissage ou de Tuteur est un gage d’investissement et de motivation à le faire. On imagine même que les volontaires se font connaître avant de démarrer leur mission et qu’après une première expérience réussie, ils renouvellent leur engagement avec enthousiasme.

 

Pourtant, il arrive que dans certains services ou dans certaines entreprises, les maitres d’apprentissages et les tuteurs soient « désignés d’office ». Ont-ils vraiment la liberté de refuser ? Lorsqu’on les interroge sur ce point, ils expliquent que ce serait alors « mal vu » par la hiérarchie, voir « bloquant » pour leur évolution professionnelle. Il faut que les managers et les encadrant d’équipe soient sensibilisés à cette problématique et que l’accueil d’un alternant soit une responsabilité partagée entre tous les membres d’une équipe et ne repose pas uniquement sur les épaules du Tuteur désigné.

 

L’alternant ou l’apprenti n’est pas responsable de cette situation et il serait dommageable qu’il en subisse les conséquences. Il faut s’assurer que l’accompagnement dispensé sera de qualité en toute circonstance car il y a des enjeux très importants de formation et d’intégration des alternants dans le milieu professionnel ; surtout la première année de leur présence dans l’entreprise.

 

La formation au tutorat, prévue par le code du travail, a un rôle à jouer dans l’acceptation de la situation. Tout d’abord, elle offre un espace-temps d’échange qui permet l’expression des mécontentements et des frustrations. C’est la première étape pour les désamorcer.

 

Ensuite parce que cette formation a pour objectif de décrire le rôle du Tuteurs et ses différents aspects : son rôle d’organisateur, son rôle de pédagogue. C’est un bon moyen pour objectiver une multitude de bénéfices à en retirer pour le maître d’apprentissage: une valorisation de son métier, le développement ou le renforcement de compétences d’encadrement, la prise de conscience du détail de sa pratique qui a pu devenir automatique avec les années, la satisfaction d’aider un jeune et de se sentir utile…

 

Enfin parce que la formation alterne, en général, entre propos théoriques et exercices pratiques, elle permet, aux participants, de se projeter concrètement, dans la mise en œuvre de leur mission.

 

 

Peu importe d’avoir été contraint au départ. La clé est de transformer cette situation et d’en faire une opportunité.

 

Proposé par Anne Céline Ribadeau Dumas