Un manque de communication, des incompréhensions, une absence de reconnaissance… La voie de l’apprentissage est parfois semée d’embûches. Pour éviter de connaître des situations qui mènent à l’échec, il faut anticiper, former et accompagner. François Gabaut, formateur chez Proactive Academy, a accepté de partager son expérience pour vous aider à trouver des solutions lorsqu’un tutorat se passe mal.
 

Le tutorat : une relation complexe entre un tuteur et un apprenti

 

Le tutorat, une relation triangulaire

 
François Gabaut, formateur chez Proactive Academy
Formateur depuis de nombreuses années, François Gabaut a eu l’occasion d’accompagner des tuteurs et d’aider des entreprises à mettre en place des systèmes de tutorat. Au fil des années, il a été confronté à des situations de « rattrapage » entre apprentis et tuteurs. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces deux derniers ne sont pas les seuls acteurs d’un bon tutorat : « pour que le tutorat fonctionne bien, il faut que la relation avec l’école soit sereine. Et, bien souvent, il n’y a pas suffisamment d’interactions entre les professeurs et les tuteurs », explique François Gabaut.
 
Pour débloquer rapidement les situations délicates, la relation entre le jeune, l’entreprise et l’école doit donc être fluide.
 

Le jeune, apprenti et élève

 
Souvent, les entreprises recrutent des apprentis pour répondre à des besoins… mais elles oublient qu’un apprenti est également un élève qui doit valider un diplôme.
 
« Je travaille depuis cinq ans avec une entreprise car cette dernière avait entre 30 et 50 % d’échec avec les jeunes qui passaient leur diplôme », nous confie le formateur. « Les raisons de ce taux élevé ? Des tuteurs pas suffisamment formés, qui ne savaient pas comment gérer le tutorat et accompagner les apprentis dans la réussite de leur diplôme. » Après avoir fait appel à un formateur, l’entreprise a vu son taux d’échec baisser pour ne plus dépasser les 10 %.
 

L’accompagnement d’un apprenti, un travail en amont

 
Si la formation des tuteurs s’avère indispensable, il ne faut pas non plus oublier que les apprentis sont des salariés qui demandent de l’attention et un suivi particulier : sans une bonne préparation effectuée en amont, la situation peut rapidement se dégrader.
 
François Gabaut raconte une anecdote qui l’a marqué : « Un jeune inscrit dans une école de commerce cherchait une entreprise. Il avait des difficultés à trouver. Finalement, à la fin du mois d’août, une TPE a accepté de l’accueillir. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. La cuisine faisait office de bureau et l’apprenti a commencé à faire de la prospection téléphonique alors qu’il souhaitait rencontrer des clients et se déplacer. Il y avait donc un vrai décalage dans le contrat de départ, qui s’est approfondi au fil des semaines. Les résultats n’étant pas bons, la période d’essai a pris fin et le jeune s’est retrouvé sans entreprise au mois d’octobre. »
 

5 conseils pratiques pour réagir à un tutorat qui se passe mal

 
Des débuts compliqués, un stagiaire livré à lui-même, une mission qui ne correspond pas à sa formation… Un tutorat qui commence mal ne doit pas nécessairement mener à une rupture de contrat : des solutions existent pour redresser la barre et garder le cap !
 

1/ Former le tuteur

 
« Lorsque l’on nomme un tuteur, il est important de choisir une personne à la fois pour son expertise, mais aussi pour son relationnel » explique François Gabaut. Un tuteur doit être volontaire et avoir des compétences relationnelles d’accompagnement, voire des compétences pédagogiques. Si la situation entre l’apprenti et son tuteur semble se compliquer, tournez-vous rapidement vers une formation au tutorat.
 

2/ Mobiliser une équipe

 
Attention : ce n’est pas parce que l’on nomme un tuteur que tout repose sur ses épaules ! Le tutorat est un travail d’équipe qui réunit les RH, le manager, le tuteur de référence et des collaborateurs qui peuvent prendre en charge le jeune. Selon François Gabaut, ces tuteurs de compétences ont un rôle important à jouer dans le bon déroulement de l’apprentissage.
 
Pour réussir et obtenir son diplôme, le jeune a parfois besoin d’une expertise que son tuteur ne possède pas ! Si le tutorat se passe mal, mobilisez l’ensemble de cette équipe pour trouver les meilleures solutions et recadrer l’accompagnement de l’apprenti.
 

3/ Réorganiser les missions du tuteur

 
Afin d’éviter les conflits d’intérêt, le tuteur doit également bien identifier sa mission : « Est-ce lui ou le manager qui se charge de confier des responsabilités au jeune ? Est-ce lui qui fait l’évaluation du travail ? ». Si la répartition des missions ne semble pas adaptée au tutorat, n’hésitez pas à réorganiser les tâches de chacun pour que l’accompagnement de l’apprenti puisse se dérouler dans de bonnes conditions.
 

4/ Trouver les bons outils

 
Le tuteur doit aussi accompagner l’apprenti grâce à des outils de pilotage mis en place à partir du référentiel du diplôme et de la fiche de poste : pour aider le jeune dans sa progression, il construit un programme de montée en compétences de la tâche la plus simple à la plus complexe. Ces outils de pilotage permettent aussi d’anticiper les activités à venir. Si ce n’est pas encore fait, partez en quête de l’outil qui vous permettra de garder le cap. Et si c’était le tableau individuel de suivi de formation (TISF) ?
 

5/ Organiser des entretiens réguliers

 
Enfin, pour s’assurer que l’apprentissage se déroule dans de bonnes conditions, il faut planifier régulièrement des entretiens : un par semaine au début, puis une fois par mois après plusieurs semaines. « Lors de ces entrevues, on évoque le travail en lui-même, mais aussi le ressenti du jeune : si ce dernier se sent intégré, s’il rencontre des difficultés… », souligne le formateur. Ces entretiens sont indispensables pour un tutorat réussi !
 
Il n’y a donc pas de fatalité ! L’essentiel est de trouver la bonne méthode pour que l’apprenti se sente à l’aise dans l’entreprise, aux côtés de son tuteur. La présence de ce dernier tout au long du parcours doit aider le jeune à s’intégrer et à progresser. La gestion des conflits fait partie de la vie d’une entreprise : le travail en équipe demande un sens du relationnel qui s’acquiert au fil des expériences.
 

Si vous avez besoin de conseils, n’hésitez pas à nous contacter !

 

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