La formation du tuteur doit- elle avoir lieu avant le début de l’accompagnement ? Peut-on réaliser sa mission dans de bonnes conditions sans avoir suivi de formation ?

 

L’organisation de la formation des Tuteurs et des Maîtres d’apprentissage est un casse –tête pour les entreprises, notamment les plus petites. La première difficulté est de choisir sa durée. Une formation d’une journée est-ce assez ? Une formation de trois jours n’est-ce pas trop ?

 

La seconde difficulté est qu’elle est soumise aux contraintes de calendrier, de production et aux activités de l’entreprise. Il est parfois impossible de la planifier avant le démarrage de la mission du tutorat. Après sa programmation, il est compliqué de libérer et d’y inscrire tous les salariés concernés.

 

Il arrive aussi que certains Tuteurs et Maître d’apprentissage participent à une formation au tutorat après avoir mené plusieurs missions auprès d’alternants. La question qui se pose alors est de savoir si la formation vaut encore la peine d’être suivie.

 

La réponse est OUI, car accompagner un alternant repose, pour beaucoup, sur le bon sens. Il faut considérer l’existence de plusieurs profils de tuteur. Certains ont besoin d’être guidés pas à pas dans la mise en œuvre de leur mission. D’autres ont des aptitudes à l’encadrement et à la pédagogie ce qui facilite leur mission même s’ils n’ont pas pu suivre une formation au tutorat au préalable.

 

L’objectif de la formation est de structurer l’accompagnement en fournissant des outils et des méthodes. Elle donne des repères aux salariés n’ayant jamais eu l’occasion d’encadrer.

 

L’intérêt de suivre la formation, même si c’est à postériori, c’est de formaliser les pratiques qui ont été mises en place instinctivement, confronter la réalité aux principes et de débriefer des situations concrètes que les Tuteurs et les Maître d’apprentissage ont vécues par le passé. Cela permet de décortiquer, analyser et comprendre les actions qui ont été enclenchées et de proposer d’autres méthodes qui auraient aidé à dépasser les difficultés.

 

Assister à la formation avant de démarrer rassure et apporte un cadre. Mais on ne peut pas, pour autant, considérer qu’elle ait une valeur prédictive des situations qui seront rencontrées. La formation n’est pas une marche à suivre. Elle propose une boîte à outils, adaptable au plus grand nombre de situations et le fait d’aborder des situations de référence « théoriques » crée des points d’alerte et de vigilance.

 

Là où elle n’apporte pas les solutions, la formation sensibilise au fait que l’accueil d’un alternant est une responsabilité collective et que d’autres personnes-ressources de la structure peuvent être mobilisées.

Proposé par Anne Céline Ribadeau Dumas