Toutes filières confondues et études entreprises, on estime à environ 20 % le nombre d’élèves qui décrochent en début de parcours, ou au bout de quelques mois. C’est également le cas en apprentissage. Et la qualité de la formation n’est pas en cause. Alors ? Comment faire pour aider le jeune à faire face ?

Des signes qui ne trompent pas

Même motivé, un jeune n’est pas à l’abri du décrochage. La raison à cela est bien souvent éloignée de la qualité de l’enseignement. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un problème du côté de l’apprenti : soit, il fait face à de problèmes personnels, familiaux, relationnels, etc. Soit il s’est lancé dans une branche sans bien en connaître les attentes. De fait, il se retrouve en décalage avec ce qu’on lui propose. Alors, le jeune s’égare.

 

Les premiers signes qui doivent alerter sont bien évidemment des retards ou absences à répétition. Mais pas seulement. Certains comportements peuvent aussi mettre la puce à l’oreille, surtout s’ils s’additionnent : des oublis fréquents de matériels, un manque de vigilance, un travail bâclé (pour s’en débarrasser vite fait). Ce qui entraîne inévitablement une baisse des résultats.

Côté comportement, on note également une communication réduite au strict minimum, un manque de participation, parfois un repli sur soi-même. Bref, un jeune qui n’est plus là, physiquement ou mentalement.

Le dialogue comme une ancre

Avec l’expérience, chaque formateur le sait : en cas de décrochage, il s’agit de réagir vite pour renverser le processus. Mais savoir comment aborder le problème avec l’intéressé n’est pas toujours évident. Une seule solution : le faire parler, pour détecter le problème.

Pour cela, chacun a sa technique, mais quelques astuces peuvent faire leurs preuves :

Tout d’abord, adopter un ton bienveillant, sans s’énerver. En effet, se braquer ou critiquer ouvertement l’attitude de l’apprenti, surtout en public, ne fera qu’augmenter sa mise à l’écart et son découragement.

 

Pourquoi ne pas au contraire commencer par évoquer, seul avec lui, ce qui fonctionne, ce qui se passe bien. Histoire de le mettre en confiance et qu’il se livre.

Cela peut également être le moment d’endosser la casquette de « coach » : en évoquant les moments simples et difficiles d’un parcours, mais aussi la capacité à se relever, à avancer malgré tout.

 

Il est important, enfin, de lui faire entendre qu’il existe un droit à l’erreur. Et que s’il s’agit d’une mauvaise orientation, il existe des solutions, que vous connaissez en tant que professionnel.

En relativisant la situation, il y a de fortes chances pour que l’apprenti se confie davantage sur « ce qui bloque ».

Et après ? Comment « raccrocher » ?

Le sujet est brûlant, puisque comme vous le savez, l’Education nationale à fait des plans « anti-décrochage » sa priorité, et ce à tous niveaux. Le point qui revient inlassablement et qui peut être appliqué ici, reste l’accompagnement. Et sous plusieurs formes.

Tout d’abord, un accompagnement personnalisé, avec pourquoi pas des rendez-vous réguliers pour évoquer le blocage connu, l’évolution, le ressenti et les progrès de l’apprenti en difficulté.

Pourquoi ne pas également créer un réseau, physique ou en ligne, d’anciens apprentis, ou jeunes un peu plus avancés dans le cursus, qui pourraient partager leur vécu. Malgré toute l’implication des formateurs, les « anciens » ont parfois un retour plus « proche » de ce que vit le jeune concerné. Il peut s’identifier.

 

Il peut être également bénéfique de mettre régulièrement le projet professionnel du jeune « à plat » afin d’écouter au mieux ses craintes et difficultés. Ainsi, parler concrètement des débouchés, des possibilités, voire, si rien ne fonctionne, d’une rupture de contrat pour envisager autre chose.

Mais ce n’est qu’à terme d’un accompagnement engagé et personnalisé que peut être prise une telle décision.