L’apprentissage peut-il être considéré comme un remède contre le chômage des jeunes ? Le 2 octobre dernier, Cyrille Mauchamp – l’un des fondateurs de Proactive Academy –, participait à l’émission 9h50 le matin diffusée sur France 3 Paris Île-de-France. Retour sur un débat destiné à décrypter les enjeux de l’apprentissage.
 
Des jeunes en difficulté pour s’insérer dans le monde du travail, des entreprises frileuses pour accueillir des jeunes sans diplôme… Chez les moins de 25 ans, le chômage ne cesse d’augmenter au fil des années. En 35 ans, il a été multiplié par deux pour atteindre 24,7 %. Face à ces chiffres alarmants, la voie de l’apprentissage semble être une solution crédible. Pourtant, en France, cette manière d’acquérir un diplôme et des savoirs par l’expérience reste méconnue…
 

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Les freins rencontrés par l’apprentissage

 
C’est un fait : le chômage des jeunes persiste depuis des décennies. Et s’il n’y a pas de solution miracle, l’apprentissage est souvent mis en avant pour permettre aux plus jeunes de trouver un emploi rapidement. Malgré cela, les entreprises sont réticentes à l’idée d’embaucher un apprenti qui manque d’expérience et n’est pas diplômé.
 
Victime d’une mauvaise image, l’apprentissage est encore trop souvent considéré comme un cursus réservé aux jeunes élèves ayant des difficultés scolaires. Nombreux sont les parents qui préfèrent voir leur enfant choisir une voie « traditionnelle », moins sujette à de faibles rémunérations et aux travaux manuels difficiles. En plus de cela, la faiblesse des aides financières rend l’accès à l’apprentissage plus difficile pour les personnes de plus de 18 ans.
 
Avec de telles problématiques, l’apprentissage ne peut se développer dans de bonnes conditions et s’affirmer comme une solution favorisant l’insertion professionnelle.
 

L’Allemagne, un exemple à suivre ?

 
Les échecs nous invitent souvent à regarder ce qui se passe chez nos voisins. Quand on évoque la problématique de l’apprentissage, c’est le modèle allemand qui est mis en avant : avec trois fois plus d’apprentis et trois fois moins de chômage, la recette semble fonctionner.
 
Il faut savoir que l’Allemagne porte un regard différent sur cette filière, considérée comme un cursus utile aux entreprises. En France, les jeunes ont – en moyenne – 18 ans quand ils entrent en apprentissage. De l’autre côté du Rhin, ils ont 20 ans et sont systématiquement orientés vers le monde de l’entreprise après un bac professionnel. C’est sans doute pour cette raison qu’aujourd’hui, plus de 70 % des patrons de grandes entreprises allemandes sont issus de l’apprentissage.
 

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Quelles solutions pour encourager les jeunes à se tourner vers l’apprentissage ?

 

  • Dépoussiérer son image

 
Jeunes, parents, entreprises… une grande partie de la société a une image négative de l’apprentissage. Il est donc indispensable de commencer par changer cette vision faussée : plutôt que d’être opposé à la voie traditionnelle, l’apprentissage doit être pensé comme une voie d’excellence. Les jeunes aspirants apprentis ne doivent plus se sentir dévalorisés, mais plutôt encouragés. De leur côté, les entreprises doivent prendre conscience de la qualité pédagogique de l’apprentissage.
 

  • Valoriser l’apprentissage à travers une volonté politique

 
Pour enclencher une nouvelle dynamique, l’Éducation Nationale a un rôle à jouer : du collège à l’enseignement supérieur, en passant par le lycée, le monde professionnel doit s’inviter dans les salles de classe. Pour cela, communiquer sur l’alternance et favoriser des interventions sont des solutions faciles à mettre en place.
 
Outre ces aspects généraux, les jeunes ont également besoin d’être guidés dans leurs démarches : comment trouver une entreprise ? Quelles sont les aides ? Les mineurs bénéficient d’ailleurs d’aides financières significatives, contrairement aux personnes majeures. L’État doit donc donner à chaque apprenti – quel que soit son âge – les moyens de s’épanouir, et aux CFA les moyens d’accompagner des jeunes tout au long de la formation.
 

  • Mettre en place une pédagogie proactive

 
Développée dans quelques pays et dans certains centres de formation, la pédagogie proactive est centrée sur le besoin à court terme des entreprises : les apprentis interrogent leurs maîtres d’apprentissage sur les points à améliorer rapidement et, de retour au CFA, se font aider par leurs formateurs pour trouver une solution adéquate. Pour que chaque acteur de l’apprentissage puisse avancer main dans la main, Proactive Academy fait le pont entre les apprentis, les entreprises et les structures de formation.
 

  • Développer des outils dédiés pour un suivi plus efficace

 
Alors que les jeunes ont souvent des difficultés à trouver une entreprise et à se sentir bien accompagnés, des outils se développent pour apporter des solutions concrètes. Proactive Academy a, par exemple, développé l’outil TrouveTonEntreprise : par l’intermédiaire de vidéos et de tutoriaux, les jeunes sont accompagnés dans leur recherche et pendant toute la durée de leur formation. Ce type d’outil, adapté à la façon dont les jeunes apprennent, permet de lutter contre les échecs et tend à faire diminuer le nombre de contrats rompus.
 

Découvrez un retour d’expérience sur l’outil !

 
Être à l’écoute de tous les acteurs, aider les jeunes et rassurer les entreprises pour qu’elles recrutent des alternants : la société a besoin de changer le regard qu’elle porte sur l’apprentissage. Pour cela, il est aussi essentiel de modifier certaines pratiques de l’enseignement et de renforcer l’implication des élèves par la méthode proactive. Pour en savoir plus sur les enjeux de la démarche, n’hésitez pas à nous contacter !